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Muncie, Indiana USA

Vintage Brochure - Le Nouveau Paquebot S.S. France de la CGT Franch Line, 1912

Il s'agit d'une brochure pour le lancement Steamship SS France de la CGT-French Line produite en 1912 qui offre une excellente critique du livre de l'hébergement de première classe, des services, des détails de la salle des machines et des chaudières, des dispositions et beaucoup plus.

LE NOUVEAU PAQUEBOT "FRANCE"

DE LA COMPAGNIE GÉNÉRALE TRANSATLANTIQUE

LE PAQUEBOT FRANCE

CE NOUVEAU PAQUEBOT COMPORTE :

TOUS LES DERNIERS PERFECTIONNEMENTS

TOUTES LES COMMODITES

TOUT LE CONFORT

AINSI QU'UN LUXE INCONNU JUSQU'ICI

ASSURANT AUX PASSAGERS

LA PLUS AGRÉABLE DES TRAVERSÉES

Le Paquebot France de la Compagnie Générale Transatlantique

DE PARIS A NEW YORK

Il n'y a guère que soixante-quinze ans qu'un service régulier fut institué entre la France et les Etats-Unis. C'est, en effet, vers 1835, que fut organisé le premier service de bateaux-poste entre Le Havre et New York, au moyen de voiliers americains en bois, d'une jauge maxima de 450 tonnes. Que de chemin parcouru depuis cette époque si proche de nous en fait, et qui nous apparait aujourd'hui comme très lointaine lorsqu'on contemple le majestueux navire dont la Compagnie Générale Transatlantique vient de doter notre marine de commerce.

Le succès de la première tentative encouragea les armateurs à construire des unités de plus fort tonnage. On vit ainsi apparaitre de grands voiliers comptant jusqu'à 2.000 tonneaux.

Les Anglais ayant inauguré un service entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, un service regulier fut institué entre Le Havre et New York. Le 24 juin 1848, le port du Havre recevait le premier navire de ce service. 11 battait pavilion americain.

Le Gouvernement français jugea que nous ne saurions abandonner aux étrangers le monopole des relations transatlantiques. L'Union Maritime offrit de relier la France avec New York, les Antilles et le Mexique. Mais, n'ayant pu réunir les capitaux necessaires, elle céda ses droits a la Compagnie Générale Maritime, qui devait devenir la Compagnie Génèrale Transatlantique.

La convention de 1865 établit que les paquebots du service de New York auraient une vitesse de 11 noeuds.

Depuis cette date historique, la Compagnie Gênérale Transatlantique a doté sa ligne du Havre à New York de navires de plus en plus grands, de plus en plus confortables, de plus en plus rapides.

En 1864, le Washington n'avait que 107 mètres de longueur, 3.300 chevaux de puissance et un tonnage de 3.554 tonnes. L'Amérique, mise en service en 1873, n'avait pas augmenté de puissance, mais sa longueur avait été portee à 120 mètres et son tonnage à 4.636 tonnes. En 1883, ce fut La Normandie, 144 mètres de long, 6.500 chevaux et 6.500 tonnes, et, en 1886, La Bretagne, 155 mètres, 9.000 chevaux et 7.315 tonnes.

Puis vint l'heure des grandes unités : en 1891, le paquebot La Touraine, long de 163 mètres, avec 9.161 tonnes et 12.000 chevaux de puissance ; en 1900, La Lorraine, 177 mètres de long, 22.000 chevaux et 11.874 tonnes ; en 1906, La Provence, 190 mètres de long, 30.000 chevaux et 14.744 tonnes. Enfin, il y a moins de trois ans, les chantiers de Penhoët, à Saint-Nazaire, mettaient en chantier la " France '', 220 mètres, 45.000 chevaux et 24.838 tonnes, véritable cité flottante, qui portera bien haut le renom de la France. Le paque bot "France " est une pure merveille. Vous en jugerez effectivement ainsi, si vous voulez bien avec nous le visiter.

Le Paquebot "France" a son premier départ pour New York (20 avril 1912)

Le Paquebot "France" de la Compagnie Generale Transatlantique a son premier départ pour New York (20 avril 1912).

LE HALL D'EMBARQUEMENT

Le train transatlantique s'est arrété devant le bassin de l'Eure, au Havre. Des wagons, une foule se précipite, tandis que vers les fourgons s'empressent les portefaix … Une première surprise attend le passager. Au lieu de la traditionnelle passerelle où l'on se hâtait, nous apercevons une tente-débarcadère, spacieuse et tres bien installee. Cette innovation rend l'heure des adieux moins pénible.

ll semble qu'on aille prendre le train pour quelque station prochaine. II n'est plus de fossé entre le continent immobile et la " vale qui marche". Et déjà, avant le départ, s'affirme le souci de la Compagnie Générale Transatlantique d'assurer à tous ses passagers les commodites les plus complètes, le désir de leur procurer à la fois ce que nous appellerons :

Le Confort individuel, pour la cabine et les repas, et le Confort général, sur le paquebot et en tous lieux.

Salon de l'Appartement de Grand Luxe

Salon de l'Appartement de Grand Luxe.

LE CONFORT INDIVIDUEL

PÉNÉTRONS dans le paquebot. Le navire est un véritable dédale, une arche de Noé, où il est fort traversée ; comment retrouver sa cabine dans cette difficile de se reconnaitre, tout au moins au début de la maison aux mille étages ? Le maitre d'hôtel, vous designe aussitôt un guide qui vous evitera des courses inutiles.

Tandis qu'à travers les ponts, votre cicerone vous conduit vers votre domicile, sans doute vous poserez-vous cette angoissante question, qui harcéle tous ceux qui s'embarquent pour une longue traversée :

" aurai-je une bonne cabine ! " Il n'est pas besoin aujourd'hui de vous préoccuper.

Toutes les cabines sont bonnes à bord de la "France".

Vous allez pouvoir en juger :

LE PAQUEBOT FRANCE"

PREMlERES CLASSES

La Cabine. Le paquebot "France" contient 207 cabines de premières classes et 51 cabines de premières mixtes, réparties entre les ponts-promenade (73), principal (109) et supérieur (25 et 51 mixtes). L'originalite particuliere de ces cabines consiste dans la composition des cloisons. Au bois a été substitué, dans la plupart des cas, le fibro-ciment. Il a été employé le moins de peinture possible, si bien que — avantage des plus appréciables — aucune odeur ne se degage de ces appartements. Le passager retrouvera dans sa cabine le charme de son home.

Plus de ces couchettes superposées et classiques ! De coquets lits de cuivre les ont remplacées.

Un certain nombre de cabines sont pourvues de deux lits, d'autres d'un seul, tandis que quelques-unes, une quarantaine environ, sont dotées d'un canapé-lit.

Salle 'a Manger de l'Appartement de Grand Luxe.

Salle à Manger de l'Appartement de Grand Luxe.

Les diverses cabines du pont-promenade et du pont principal sont décorées dans le gout moderne, et leur ornementation comporte de jolies Irises évoquant des sujets champêtres, et des bois d'essence nouvelle.

La Compagnie Générale Transatlantique a complété ces installations somptueuses par l'adjonction, à la plupart des cabines, d'un water-closet et d'une salle de bains particuliers. Nombre de ces cabines sont, en outre, munies d'un cabinet de toilette. On remarquera que ces aménagements n'existent pas sur les plus grands paquebots récemment construits.

Enfin, une horloge electrique permettra chacun de mesurer, à tout moment, le temps écoulé.

Appartements de luxe. N'oubliant pas que la ligne de New York est fréquentée par la haute société, la Compagnie Générale Transatlantique a voulu faire mieux encore. Elle a fait installer quatre appartements de luxe, et un appartement de grand luxe, dont aucun paquebot ne saurait offrir l'équivalent.

L'appartement de grand luxe s'étend sur une longueur de plus de vingt mètres, à tribord, sous le salon mixte et la galerie du pont-tente.

Salon privé d'un Appartement de Luxe.

Salon privé d'un Appartement de Luxe.

On y pénètre par une antichambre, sur laquelle donnent la salle de bains et le W.-C. Voici, claire et gaie, la chambre Directoire, un vaste salon Louis XVI, qui ne déparerait pas l'un de nos châteaux de Touraine. Un couloir sur lequel s'ouvre l'office, relie le salon à la salle à manger aux cloisons en loupe de frêne, dans le plus pur style de l'Empire ; enfin, à l'extrémité du logis, douillette et intime, une chambre Louis XVI convie à un paisible repos. Cette chambre est pourvue, elle-même, d'une salle de bains et d'un W.-C.

L'appartement de grand luxe permet de recevoir six personnes. Il renferme, en effet, un lit double, un lit simple et trois canapés-lits. Nul doute que tous les Rois de l'lndustrie américaine se disputeront l'honneur d'occuper cette demeure princière ou l'art s'allie au confort le plus raffiné.

A l'opposé de cet appartement, du côte babord, deux appartements de luxe, moins riches, mais non moins plaisants, comportent l'un une chambre Louis XVl avec un salon Directoire, l'autre une chambre Louis XVl avec un salon Louis XV, logis fort aristocratiques, et où l'on se sentira beaucoup plus chez soi que dans les hôtels les plus considérables. Tous deux possèdent Salle de bains, W.-C., penderie, tous ces détails de l'habitation moderne qui la rendent si séduisante à nos yeux, et des monte-plats assurent les communications avec les offices inférieurs.

A l'avant du pont-promenade, deux autres appartements, décorés, mais de moindre importance, ont été aménagés.

Coin de la Salle à Manger des Premières Classes

Coin de la Salle à Manger des Premières Classes

Les Salles à Manger. On aime volontiers les salles à manger monumentales. Il semble que la digestion doive être entravée par l'exiguité des locaux. Un plafond bas n'incite pas à l'appétit. Les hôtes de premières classes de la "France" n'éprouveront pas cette sensation. La Compagnie Générale Transatlantique leur a ménagé une véritable surprise. Imaginez un vaste hall, occupant trois entreponts du navire. et mesurant, par conséquent, huit mètres de hauteur totale. Ce hall est lui-même divisé en deux étages, 350 passagers peuvent y prendre place à l'heure des repas.

Au centre du hall, s'érige une coupole, que supportent des pilastres. Un escalier magnifique assure la liaison entre les deux paliers. La dècoration a été empruntee à 1 'ancien hôtel du Comte de Toulouse, qu'orna Robert Decotte, gendre de Mansard, l'architecte fameux du Louvre. On admirera la sculpture des bois, le dessin des lambris, ainsi que le coloris puissant du panneau central qu'encadre l'escalier intérieur. Cette oeuvre aux tonalités chaudes, lumineuses, represente la Grâce française, et porte la signature de l'éminent peintre La Touche. Le même artiste a peint le plafond de la coupole qui évoque, avec autant de charme que de poésie, les grandes régions de la France.

Rompant avec la tradition des grandes tables, cheres aux anciens paquebots, la Compagnie a adopté la mode des petites tables, plus familiales, plus intimes, et où l'on peut s'isoler au milieu de la collectivité.

Les offices et cuisines de ce palais de Gargantua se trouvent immédiatement à l'arrière de la Salle à manger inferieure, disposés de façon permettre une grande exactitude et une parfaite célérité dans le service de la nourriture des passagers.

Les Monte-Plats. Pour les malades, ainsi que pour le service des petits déjeuners du matin, il a été établi à chaque pont un office particulier, communiquant par des monte-charges et des téléphones avec l'un des offices principaux. Cette pratique ne manquera pas d'être très appréciée des passagers.

Enfin, pour ceux que l'air marin altère facilement, un bar à l'américaine a été installe sur le pont principal.

Illustration de Le Paquebot France

Illustration de la Paquebot France

LES SALONS DU PONT-TENTE

Le pont-tente est occupé, sur une longueur de 150 mètres environ, par une longue suite de salons, dont on peut dire, sans crainte d'être démenti, qu'ils rappellent plutôt les salles d'un palais royal que les aménagements communs d'un paquebot.

La Compagnie Générale Transatlantique a voulu vraiment qu'il fut difficile de faire mieux. Peut-être pourrait-on accumuler plus de dorures, de motifs, de meubles ; it serait, en tous les cas, impossible de composer avec plus d'art et d'habilete les installations les plus somptueuses.

Cabine de Luxe

Cabine de Luxe.

La Descente Centrale. C'est la pensée qui vient l'esprit lorsque l'on examine l'ensemble décoratif forme par le palier supérieur de la Grande Descente. On se trouve, en effet, au milieu d'une colonnade, supportant un dôme ovale, en ferronnerie finement ouvragée.

Des panneaux de marbre vert, des portes en ferronnerie entourent la colonnade. Quatre hauts reliefs en bronze doré au mercure rehaussent de leurs attributs les murs de la rotonde. Des corbeilles de fleurs électriques versent leur lumière dans la piêce.

Les volées de rescalier donnant accès aux étages inférieurs sont entourées d'une rampe de fer forgé. Dans la cage de l'escalier, une statue, en bronze, de la " France'', s'inscrit dans une niche, sur un socle veiné de rouge. L'oeuvre du sculpteur Nelson a grande allure, et contribue encore à la beauté de cet escalier monumental.

Cabine de Premiere Classe, avec Bains.

Cabine de Premiere Classe, avec Bains.

Salon de Conversation. Vers l'avant, deux galeries conduisent au salon de conversation, qui est bien l'un des plus élégants que l'on puisse concevoir. Au fond, une magnifique cheminée est surmontée du portrait, en pied, de Louis XIV, par Hyacinthe Rigaud, copie d'une vérité saisissante, d'après le tableau conservé au Louvre. Sur les côtes de la toile, on remarque quatre jolis portraits : la Princesse de la Tour-duPin, Madame de Maintenon, Henriette d'Angleterre et la Duchesse de Bourgogne. On ne pouvait évoquer mieux le siècle du Grand Roi.

Face au Louis XIV de Rigaud, un grand tableau, d'après Van der Meulen (musée de Versailles), représentant Louis XIV revenant dune partie de chasse dans les jardins de Versailles.

D'opulents fauteuils, de seyantes bergères de grand style sont disposés pour l'émerveillement des yeux et les commodités de la conversation. Voici des sièges recouverts de tapisseries d'Aubusson, là, nous apercevons des velours de Gênes jardinière, là encore, des damas pourprés. Devant la cheminée, remarquez ce siège en X emprunté au mobilier de Versailles. Tout cet ameublement ressort vivement sur le tapis bleu de roi qui étouffe le bruit des pas.

N'oublions pas de lever la tête, pour contempler le dôme central, si gracieux, et les fresques délicates de Boucher (musée de Fontainebleau), l'Aurore et le Crépuscule.

La Bibliothèque. Au fond, et à droite, silencieuse et recueillie, s'ouvre la bibliotheque, du plus pur style Régence, et dont les murs disparaissent sous les lambris de bois sculpté. Ce lieu retiré sera fort apprécié de ceux qui aiment à penser dans la compagnie de nos amis, les livres.

La Dactylographie. Ceux qui n'ont point le temps de flâner ou de méditer, qui ont des copies à faire executer, trouveront, a gauche, dans un petit bureau, le dactylographe, dont les bons offices seront souvent réclamés.

Salon Mixte des Premières Classes

Salon Mixte des Premières Classes

Le Salon mixte. Revenons sur nos pas vers la Grande Descente. Deux galeries baignées de clarté, permettent d'accéder au salon mixte, de style Regence. L'oeil s'y repose sur des lambris de bois peint, vert et doré, et des colonnes de marbre rose.

A droite et a gauche, ne manquons pas d'examiner, avec tout l'intérêt qu'elles comportent, quatre magnifiques tapisseries de la Savonnerie, dune valeur considérable ; elles représentent des sujets de marine. Sur la cheminée, et au-dessus dune console, aux deux bouts de la pièce, les deux toiles que vous apercevez sont authentiques.

Ces vues de paysages italiens datent de 1774, et portent la signature du peintre de Laroix. Au centre du salon, a été installé un quadruple canapé avec table en H. Les fauteuils sont recouverts de cuir ou de velours. Un piano à queue, des tables de jeu et à écrire complètent l'ameublement de ce hall, où le soleil entre à pleins rayons. Franchissons des galeries de communication en style Trianon Louis XVl, fraiches comme des jardins.

Cabine de Premiere Classe

Cabine de Première Classe.

Salon Mauresque. Une halte s'impose au délicieux petit salon mauresque, où les fumeurs pourront venir se désaltérer. A cet effet, la prévoyance de la Compagnie Générale Transatlantique a ménagé une Fontaine en marbre, d'où jaillit une eau glacee. Les murs de ce réduit sont recouverts de mosaiques, fleuries d'arabesques, et de panneaux de bois. Au-dessus de la source, qui s'épanche en une double vasque, s'accroche une fresque, l'Algérie, de l'artiste orientaliste Poisson. Cette sculpture, qui figura au salon, et fut hautement louée, a beaucoup de caractère et de vie.

Fumoir des Secondes Classes

Fumoir des Secondes Classes

Fumoir et Terrasse. En continuant vers l'arrière, nous atteindrons le fumoir, auquel préside Colbert, dont le portrait agrémente la cheminée de marbre veiné. Cette pièce, de vastes dimensions, est, comme le salon mixte, de style Régence, avec des lambris de bois sculpté. Des fauteuils, aux velours vert d'eau, y jettent une note claire et joyeuse. Des glaces et des eaux fortes s'harmonisent sur les murs.

Cette pièce communique directement avec une terrasse, tournée vers l'arrière du navire. De larges baies, qu'on peut obturer au moyen de vitres epaisses et mobiles, laissent errer le regard sur l'immensité. Un treillage d'un vert tendre en deux teintes, décore la cloison. Par beau temps, on y peut fumer comme en plein air, et si le mauvais temps sévit, on peut le braver, à l'abri des glaces vivement redressées.

Les Ascenseurs. A droite et à gauche de l'escalier de la Grande Descente, on peut voir des grilles fort artistiquement ferronnées. Ces grilles ferment la cage des deux ascenseurs qui desservent les divers étages de cette maison gigantesque.

Salle de Jeux des Enfants

Salle de Jeux des Enfants

Salles des Enfants. Les enfants n'ont pas été oubliés par la Compagnie Générale Transatlantique, la plus maternelle qui soit. Il convenait, d'une part, d'éviter que les passagers ne fussent gênés par les cris ou les courses des enfants, et que, de l'autre, ceux-ci pussent occuper leurs loisirs sans trop d'ennui.

Deux pièces sont réservées à la turbulente jeunesse. Au pont des embarcations, à l'extrémité du grand salon, et complètement isolée de ce dernier, a ètè aménagée une salle de jeux, ou Guignol donnera des représentations quotidiennes. Cette pièce ne sera certes pas la moins joyeuse du navire.

Au niveau de la salle à manger supérieure a été installée une salle à manger enfantine. Des peintures sous verre y comptent les histoires qui furent chères à nos jeunes ans, les contes bleus et les légendes dorées. Le petit Chaperon Rouge y voisine avec Ali-Baba, et l'on voit M. Lustucru faire un mauvais parti au chat de la Mère Michel.

Les Salons de Coiffure. La vie des grands paquebots est essentiellement mondaine, surtout quand vient le soir. Dames et Messieurs ont souvent besoin du concours du coiffeur. Deux salons de coiffure très modernes ont été installès. Tout l'ameublement en est d'acajou.

DEUXlEMES CLASSES

Pour décrire les aménagements des deuxièmes classes, il faudrait, en vérité, recommencer à étudier les différents locaux dans lesquels s'écoule soit la vie en cabines, soit la vie dans les appartements. Nous les qualifierons d'un seul mot, que tous comprendront : la richesse et le confort des secondes classes sur la "France" correspondent à la richesse et au confort des premières classes sur les anciens paquebots.

Descente de la Salle a Manger des Premieres Classes.

Descente de la Salle a Manger des Premières Classes.

La Salle à manger, vaste et gaie, se trouve à l'entrepont.

Elle est reliée, par une magnifique descente dont les paliers sont décorés dans le style Regence, au salon et au fumoir placés à l'arrière du navire, sur le pont principal.

Le salon est dans une demi-teinte. Le fond en est dans la gamme des bleus et des ors, et les meubles sont vert-d'eau. Les sièges du fumoir, de velours gris, s'harmonisent agréablement avec les panneaux de nuance citron. Toute la décoration a été très soignée.

Les cabines sont beaucoup plus spacieuses que les secondes des autres paquebots. Les salles de bains ont été multipliées à tous les étages.

Enfin, un salon de coiffure spécial est installé au pont supérieur, près du bureau de renseignements des secondes.

TROlSlEMES CLASSES

Enfin, les passagers des troisièmes ont également des locaux communs, et, en particulier, des salles à manger spacieuses, un fumoir et une buvette. Cette classe de passagers a son, service de vivres spécial avec ses cambuses, sa cuisine, entièrement sépare du service des premières et deuxièmes classes.

Grand Hall des Premières Classes

Grand Hall des Premières Classes

LE CONFORT GENERAL

Nous sommes habitués, avec les raffinements de l'époque contemporaine, trouver en tous lieux les mêmes facilités que nous rencontrons chez nous. La Compagnie Générale Transatlantique n'a pas voulu qu'il en fut autrement sur la "France", et elle s'est efforcée de rendre aux passagers leur séjour sur mer aussi agréable que possible.

Grand Salon des Premières Classes

Grand Salon des Premières Classes.

L'Orchestre. Plusieurs fois par jour un orchestre, recruté avec soin, fait entendre aux passagers les musiques les plus classiques comme les plus à la mode, et, le soir, des bals permettent de goûter le plaisir de la danse.

Le Pont-Promenade. Pour ceux qui aiment contempler l'horizon, respirer le grand air du large, sonder l'immensité, ou plonger leur regard dans le ciel constellé, on a aménagé sur la "France" un vaste pont-promenade, abrité contre les grands vents par des vitres mobiles. Mme par les jours de tempête, il sera loisible aux passagers de demeurer sur ce pont, mollement étendus dans un confortable rocking-chair.

Salon Mauresque.

Salon Mauresque.

L'Éventaire de la Fleuriste. Un éventaire de fleuriste a été installé sur le pont-promenade. Il est à prévoir qu'il sera fort achalandé. On y trouvera aussi des bibelots et des cartes postales, et l'on pourra s'imaginer qu'on n'a point quitté la terre ferme.

Galerie des Premières Classes Mécanothérapie
Galerie des Premières Classes. Mécano-thérapie

La Mécanothérapie. Certaines personnes, habituées à une vie très active, se plaignent parfois de l'impossibilité où elles sont, à bord des paquebots, de maintenir leurs muscles en état. D'autres, par régimes, doivent user leurs nerfs.

A l'usage des uns et des autres, une salle de mécanothérapie a été établie l'avant du pont-tente. On y peut faire, mécaniquement, du cheval, de la bicyclette, voire du chameau. L'installation possède un vibrateur Seistès, des extenseurs pour les bras, un appareil à ramer.

Hydrothérapie. Près de la salle de mécanothérapie, s'ouvre la Salle d'hydrothérapie, pourvue des agencements les plus modernes : douches en cercle, en jet, en pluie, massage sous l'eau, et contiguë à la salle de massage que dessert un spécialiste, et a la salle de repos.

Café -Terrasse Hydrothérapie
Café -Terrasse Hydrothérapie

Les Jeux. Des jeux variés sont, d'autre part, mis à la disposition des passagers, qui peuvent se récréer à leur aise ; le croquet, le jeu de tonneau, le jeu de Shuffle-board permettent de rendre brèves les traversées.

Collage de l'hébergement des passagers de première classe

De haut en bas: Bibliothèque des Premières Classes; Grand Salon des Premières Classes; Salon Mixte des Premières Classes; et Fumoir des Premières Classes.

Un coin de la Salle a Manger des Premières Classes. Salon Mixte des Premières Classes.
Un coin de la Salle à Manger des Premières Classes. Salon Mixte des Premières Classes.

Télégraphie sans fil. Enfin, le paquebot main d'une fawn permanente, ses communications avec la terre, grâce à la télégraphie sans fil. Une innovation, qui sera très prisée, est à signaler : une Salle d'attente, trés spacieuse, a été installée pour les passagers qui ont des messages à expédier.

Salon Mixte des Premières Classes.

Salon Mixte des Premières Classes.

Bureau de Renseignements. Un bureau de renseignements a été aménagé dans le hall du grand escalier situé à l'étage du pont principal. Le public y trouvera toutes les indications qu'il pourra désirer. Un coffre-fort compartiments, analogue à ceux que les grands établissements financiers mettent à la disposition de leur clientèle, est annexé à ce bureau.

Un coin du Salon Mixte des Premières Classes.

Un coin du Salon Mixte des Premières Classes.

Le Journal du Bord. Une imprimerie fonctionne sur la "France" pour le tirage des menus et la publication du Journal de l'Atlantique, dans lequel paraissent les dernières nouvelles reçues par télégraphie sans fil La " France" est bien une cité moderne avec tous les organes dont on ne saurait plus aujourd'hui se dispenser.

Une Galerie des Premières Classes.

Une Galerie des Premières Classes.

Grand Salon des Premières Classes

Grand Salon des Premières Classes

Cheminée du Grand Salon des Premières Classes

Cheminée du Grand Salon des Premières Classes

LE NAVIRE

L'ÂME. Pour animer un colosse comme la "France", faire fonctionner ses multiples organismes, assurer ses pulsations rythmiques, il faut une petite armée, à laquelle le commandement donne l'impulsion, et dont il maintient l'homogénéité.

La Timonerie.

La Timonerie.

Le capitaine est secondé par un capitaine en deuxième, quatre lieutenants, un pilotin (piloter], deux médecins et trois commissaires.

La Taille du Géant. La "France" est Bien un géant. Sa longueur est de 217 m. 63, sa largeur de 23 mètres, et sa hauteur de 21 m. 50 depuis la quille jusqu'au pont où se trouvent les embarcations. Au départ, le tirant d'eau du navire est de 9 m. 10, et son déplacement à ce tirant d'eau, atteint 27.190 tonnes.

Le paquebot possède huit ponts, dont sept pourvus d'aménagements pour les passagers ou les officiers. Le dernier pont est réservé aux bagages des passagers, aux vivres du bord et aux marchandises. Sous le dernier pont se trouve une tale à marchandises.

Le nombre total des personnes pouvant etre embarquées se chiff re à 2.558 : 535 passagers de première classe, 442 de deuxième classe, 950 de troisième classe et 631 personnes pour les services du bord et des passagers.

Le Cerveau. La passerelle du commandant constitue vraiment le cerveau de ce corps colossal. De là, partent tous les nerfs qui mettent en jeu les organes actifs du navire. Voici les appareils de commande des machines, du gouvernail, des diverses machineries du pont, avant et arrière ; d'autres assurent la manoeuvre des sifflets. D'autres encore pourvoient à la sécurité des passagers. Au moment d'un danger quelconque, le commandant peut, à son gré, fermer toutes les portes donnant sur les cloisons étanches.

Les appareils sont de nature très différente : mécaniques, électriques ou hydrauliques. La passerelle possède aussi des téléphones haut parleurs, des appareils pour signaux optiques. Un indicateur spécial permet de s'assurer du bon fonctionnement des feux de navigation ; une horloge centrale électrique envoie l'heure dans les salons et les cabines.

Voici la chambre des cartes, avec sa bibliothèque nautique, ses chronomètres et ses sextants. Enfin, une chambre de silence permet l'audition des cloches sous-marines pour les jours de brouillard. On est émerveillé que tant de choses puissent tenir en si peu de place.

Groupe de Dynamos.

Groupe de Dynamos.

Les Poumons et le Coeur. Rien de plus curieux et de plus instructif qu'une visite aux "poumons" et au "coeur" du colosse. Le paquebot "France" est actionné par quatre hélices. Son appareil évaporatoire se compose de onze chaudières huit foyers chacune, de huit chaudières à quatre foyers, soit en tout 120 foyers donnant une surface de grille de 222 mètres carrés.

La consommation de charbon, pour une traversée de 140 heures, est de 4.000 tonnes environ. La consommation d'eau douce doit atteindre près de 800 tonnes. La puissance ainsi obtenue est de 45.000 chevaux, et la production de vapeur par heure de 270.000 kilos.

Pour éviter la nécessité d'emporter plus d'un millier de tonnes d'eau douce pour l'approvisionnement des chaudières, le navire est muni de bouilleurs évaporateurs dans lesquels on distille l'eau de mer.

Une Chaufferie

Une Chaufferie.

Les machines réclament non seulement du charbon et de l'eau, mais également de l'air. Cet air est fourni par seize ventilateurs électriques, d'un débit total, en service, de 530.000 mètres cubes par heure. Cette quantité d'air pèse 690 tonnes environ et correspond à vingt-trois fois le poids du charbon. Le débit des ventilateurs maintenu pendant les 140 heures de traversée correspond donc à un poids total d'air de 96.500 tonnes.

L'air est aspiré par de grands puits, situés autour des cheminées, dans huit chambres de ventilation placées au-dessus des chaudières, de là, il est refoulé dans des réchauffeurs, qui portent sa température à 300 degrés, et, enfin, envoyé sur les grilles.

On pourrait, s'il était nécessaire, faire servir ces ventilateurs l'aération du navire.

Dans ce cas, ils seraient susceptibles de renouveler le volume total d'air, y compris les soutes et cales, dix fois par heure, ce qui correspond à vingt fois par heure pour les locaux habités.

L'appareil moteur proprement dit se compose de quatre turbines placées chacune sur une ligne d'arbres : une turbine de haute pression, une de moyenne et deux de basse pression. Il y a, en outre, pour la marche arrière, deux turbines haute pression et deux basse pression. Les turbines comportent 618.300 ailettes de cuivre, dont 290.700 fixes et 327.600 mobiles. Ces ailettes placées bout à bout représenteraient un ruban de 109 kilomètres.

Ce chiffre fournit une idée du travail d'ajustage considérable que nécessite la construction d'un appareil de cette puissance.

Pour la première fois, sur la "France" on emploie un appareil moteur à turbines à triple détente.

Pour donner une idée de la puissance des turbines de la "France ", nous ferons observer que le diamètre intérieur du tuyau qui réunit la moyenne à la basse pression, a près de deux mètres (1m 930). Grâce à un dispositif très savant, le navire étant en route libre, il est possible, par une seule manoeuvre, de mettre les quatre hélices en marche arrière à la fois, afin d'éviter une collision imminente.

L'ensemble de l'appareil moteur est placé dans deux compartiments, et l'un de ces compartiments pourrait être envahi sans que pour cela le reste de l'appareil moteur soit paralysé. On se contenterait seulement de marcher avec deux hélices.

L'éclairage et la force motrice du bord sont assurés par deux stations électriques, comprenant chacune deux turbo-dynamos de 400 chevaux.

La "France" offre cette particularité de n'avoir pas de château-d'eau. Les pompes refoulent les eaux, froides ou chaudes, dans des réservoirs chargés d'air comprimé à la partie supérieure, d'où elles sont renvoyées sous pression.

Pour le service de l'eau chaude, il y a une circulation continue de tuyautage, avec retour au point de départ, de fawn à empècher le refroidissement de l'eau avant l'usage par les passagers.

Ajoutons, enfin, que pour la simplification du service des chaufferies, le charbon est réparti autour des quatre groupes de chaudières, et que, pour permettre à la fois le service général des chaufferies, des machines et du bord, on a ménagé, dans le dernier entrepont, un vaste couloir qui met en communication les divers compartiments.

Tableau de Manceuvre des Turbines.

Tableau de Manœuvre des Turbines.

Point n'est done besoin d'ouvrir les portes qui se trouvent à la partie inférieure des quinze cloisons étanches qui divisent le navire en seize compartiments étanches.

Ce grand couloir de service contient les appareils auxiliaires nécessaires au service des machines, à la vie du bord et à la sécurité du paquebot.

Il donne, à l'arrière, dans les magasins d'approvisionnement et les postes réservés aux chauffeurs et au personnel civil de l'équipage, et à l'avant, dans les postes de l'équipage pont et quelques-uns des émigrants.

LE " VENTRE " DU MONSTRE

Les Approvisionnements de Table. Un monstre tel que le paquebot "France" engloutit de prodigieuses quantités de nourriture, d'autant plus que les navires de la Compagnie Gènérale Transatlantique sont renommés pour la qualité de leur table.

Le Chef

Au départ du Havre, le paquebot emporte : 9.000 livres de viande fraiche, soit 22 boeufs entiers, 13 moutons, 8 veaux, 4 pores, 350 rognons, 270 langues de boeuf, 550 carrés de côtelettes, 400 gigots, 80 têtes de veau, 400 pieds de veau et 29.000 kilos environ de charcuterie, volailles et gibiers, ainsi répartis : 750 kilos de charcuteries diverses, 500 pieds de porc, 75 jambonneaux, 18 barils de foie gras, 800 poulets, 700 pigeons, 180 lapins, 400 canards, 70 dindes, 50 oies, 1.100 cailles, 550 perdreaux, 250 grouses et 70 faisans.

La poissonnerie est approvisionnée de 4.500 kilos de poissons divers, 40 kilos de crevettes, 250 homards ou langoustes, et les gastronomes ont à leur disposition 600 douzaines d'huitres.

A ces chiffres, ajoutons : 15.000 kilos de pommes de terre, 900 de carottes, 750 d'oignons, 750 de navets, 700 de chouxfleurs, 900 artichauts, 750 choux pommés, 400 bottes de poireaux, 700 de radis, 5.900 salades, 6.000 kilos de légumes secs, 3.700 de pâtes alimentaires, 16.000 kilos de farine pour la boulangerie, 35.000 oeufs, 3.000 livres de beurre, 5.400 boites de conserves, 1.500 kilos de fromages, 9.000 oranges, 6.000 poires, 6.000 pommes, 380 pots de confitures, 100 pots de miel, 110 kilos de dragées et pralines, 75 boites de marmelades, des fruits confits, gâteaux, etc., à profusion.

Pour la boisson, il est prévu 300 kilos de thé, 500 de chocolat, 150 de café, 6.000 litres de lait frais, 6.000 kilos de sucre.

La Cave. Les caves du paquebot "France" ne le cèdent en rien à celles des restaurants les plus célèbres. On y trouve : 60.000 flacons, dont 2.300 bouteilles de champagne, et 2.000 demi-bouteilles, 1.800 bouteilles de vins fins, 350 de vins de liqueur, 2.500 de bière, 900 de liqueurs diverses, 2.800 d'eaux minérales et 2.500 demi-bouteilles, 1.500 bouteilles de limonade, 25.000 de yin ordinaire et 30.000 litres pour l'équipage.

Le Linge. Aucune ménagère n'a jamais disposé d'une réserve de linge pareille à celle du paquebot "France", qui compte 7.200 draps de lit, 3.800 taies d'oreiller, 1.200 nappes, 20.000 serviettes de table, 22.000 de toilette, 8.000 torchons, 2.500 tabliers et 2.000 serviettes de lavabo.

La Vaisselle. Enfin, comme il convient que le contenant réponde au contenu, la vaisselle est en porcelaine style Louis XI V, et l'argenterie de style Louis XV.

Et maintenant, it ne vous reste plus qu'a vous embarquer. Le colosse vous attend.

A. PAWLOWSKI.

Statue de "La France" par Nelson

Statue de "La France" par Nelson (Grand Hall des 1res Classes)

DRAEGER, IMP PARIS

Informations sur Livret

  • Date d'impression: 1912
  • Imprimé par Draeger, Paris, France
  • Pages: 36
  • Couverture: Dur - Non Dustjacket
  • Reliure: String
  • Dimensions: 15,3 cm x 22,5
  • Achat de la copie originale du Paquebot France: 1200 $ USD
  • Achat une copie de la brochure (PDF): 50 $ USD
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